De la solitude à la plénitude
Cette histoire, je l’écris le 14 février 2021, quasiment deux mois après Noël. Pourtant, j’avais prévu écrire ce texte en fin d’année. Les pages blanches de mon cahier d’écriture m’attendaient patiemment. Le virus de la COVID-19 ayant pris beaucoup de mon énergie depuis la fin décembre, ma concentration pour écrire en a été perturbée. J’ai donc priorisé le travail nécessaire et beaucoup de repos. Même si je me sens beaucoup mieux depuis le début du mois, pourquoi écrire quand même ce texte de fin d’année en février? Bien, je l’avoue, j’ai procrastiné. J’ai défait sapin et décorations de Noël le 14 février… et oui, j’ai fait ça! C’est vrai que j’aime garder ce décor chaleureux des fêtes quelques semaines en janvier, mais quand même, pas jusqu’en février!
Comme il n’y a pas eu de « temps des Fêtes » cette année, une partie de moi devait être restée accrochée à un quelconque espoir ou nostalgie, car en enlevant de l’arbre toutes ces babioles aux couleurs lumineuses, arborant des blanc-crème, du doré, du rouge et du vert, de grosses larmes coulaient sur mes joues. J’ai mis plusieurs heures à enlever le reste des décorations, à tout ranger et à remettre l’appartement en ordre. Enfin, c’est fait, je me sens bien! Mais pourquoi donc ai-je de nouveaux des larmes sur mes joues en écrivant si je me sens bien?
Même si l’exercice demande du courage, je décide d’aller sonder mes ressentis intérieurs. Je choisis d’aller à la rencontre de la boule logée dans ma poitrine, de lui faire face, de la reconnaitre et de lui permettre de s’exprimer avec des mots.
Les mots ont toujours été de bons amis pour m’aider à rencontrer mes émotions. Je suis confiante de leurs aides bénéfiques, même si la tâche s’avère ardue. Je me suis installé à ma table de cuisine, mon foyer électrique réchauffe la pièce, chandelles et encens complètent l’ambiance. Je suis prête : allons faire connaissance chères émotions de Noël 2020 et du passage à la nouvelle année.
Je ne vous crains plus, c’est le bon moment de vous rencontrer et de sortir de votre cachette. Je comprends pourquoi j’ai procrastiné pour écrire : une partie de moi ne voulait tout simplement pas rencontrer ces émotions. Je décide de leurs parler comme à une personne.
Qui êtes-vous? Comment vous nommez-vous? Que voulez-vous me dire?
« Nous nous nommons solitude, un groupe à plusieurs visages. Nous sommes venus te rencontrer à plusieurs reprises depuis ta naissance. Nous avons fait de brefs séjours dans ta vie et parfois de plus longs et nous semblons nous être installé pour de bon depuis les dernières années. Plusieurs personnes nous ont rencontrés en 2020 et en ce début d’année. Certains ont appris à nous connaitre, nous ont même apprivoisés, nous ont appréciés, pendant que d’autres n’ont pas voulu nous rencontrer, n’ont pas saisi cette opportunité. Pourtant nous pouvons être de très bons amis. Toi, comme tu nous connais bien, nous avons continué de cohabiter agréablement. Nous sommes même devenus une sorte de protection avec le temps, des amis possessifs parfois, une sorte d’amour-haine malsain entre nous pouvait donner l’illusion de réconfort et de sécurité. Quelques soient les raisons de départ de cette amitié, de son degré d’attachement ou de sa longévité, il vient un temps où il faut y mettre un terme quand il n’y a plus d’évolution. Il faut accepter de se détacher, de laisser aller pour avancer. N’est-ce pas le but de l’être humain que d’avancer sur son chemin d’évolution intérieure? Autant nous avons pu t’apporter du réconfort et de la quiétude, autant nous avons apporté des larmes et de la tristesse, mais qui étaient des passages, tu le comprends maintenant. Nous savions qu’à ce dernier Noël, tu te préparais à nous quitter. Nous comprenions et attendions patiemment que tu sois prête pour ces aurevoirs, pour que cela se fasse tout doucement et sans fracas. Quand l’attachement est grand, la coupure doit être ferme et complète. C’est ainsi! C’est une demande de ton âme pour son évolution, afin que tu puisses te montrer sous ton vrai jour, avec tes couleurs et tes vibrations sans craintes. »
A toi de l’exprimer maintenant.
Moi Jacinthe Girard, 58 ans, demeurant à Granby dans la province de Québec au Canada, en ce 14 février 2021, fête des couples, célébration de l’amour, je choisis de vous quitter, les solitudes, définitivement. Je vous remercie de votre présence souvent réconfortante et protectrice, mais le moment est arrivé où nous devons passer à autre chose, pour mon évolution personnelle. Oh, je sais que vous continuerez d’exister et d’apporter réconfort et quiétude à d’autres gens, mais pour moi ce sera pour de brèves rencontres maintenant lorsque je l’aurai choisi. Nous avons évolué ensemble, fait le tour du jardin et c’est complété. J’ai grandi. Je n’ai plus peur de sortir ni de m’exprimer. Je n’ai plus de craintes de m’exposer au monde et de me laisser apprivoiser. Je me sens pleine. Mes forces intérieures ont pris de l’expansion, surtout celle de l’espoir d’un prochain Noël sans vous, mes solitudes.
Ah oui! J’oubliais de vous dire,
Je me suis fait une nouvelle amie, elle se nomme plénitude.





