Je commence ce blogue en novembre 2020. Mois tristounet, juste après la coloration éclatante d’octobre et juste avant les lumières de décembre, ce passage obligé de l’entre deux peut amener une grisaille intérieure aussi. Ce qui n’aide pas, nous sommes en pleine deuxième vague de Covid-19. Confinement plus ouvert qu’au printemps, mais d’autant plus pénible pour la population et catastrophique pour les commerces sociaux, le divertissement et le sport entre-autre. Je comprends que ce n’est pas juste ici, mais dans le monde, cela ne rend pas la situation plus facile. Il faut vivre en-dehors de la société ou sur une ile perdue pour ne pas en être affecté.
Pour ma part, je me tiens loin des polémiques, des discours politiques et des propagandes haineuses, je choisi de rester dans la quiétude, c’est mieux pour ma santé. Pour plusieurs, ces confinements ont apporté des changements drastiques dans leurs vies, amenant des adaptations et des prises de conscience. Le confinement de l’automne pour moi, c’est à nouveau une invitation à ralentir le rythme, pour aller en soi puiser sa force et son calme.
Hormis l’isolement, je n’ai pas trouvé trop difficile le premier confinement, car j’avais déjà ralenti la cadence et de plus, je suis déjà dans une formule travail à la maison pour une grande partie de mes occupations. Dans ma petite vie tranquille, c’était déjà beaucoup plus calme et paisible par ces choix de vie. Il y a plusieurs années que ce changement s’opérait dans ma vie, avec plus ou moins de réussite, car je n’ai pas toujours écouté les signes que mon corps m’envoyait. Il m’a parlé fort le 5 décembre 2020. Il l’avait déjà fait souvent auparavant, cette fois-ci je n’ai pas pu éviter de l’écouter. Un « tsunami » intérieur s’est déclenché en moi. Cette crise qui se nomme « trouble panique » arrive comme ça sans prévenir. Tout à coup, je perds le contrôle et tout semble se dérégler en moi.
Je dis qu’il est arrivé soudainement, en fait, il se préparait en sourdine. J’en ressentais les secousses avant ce jour. Des symptômes connus réapparaissaient, tel qu’une digestion plus difficile, l’isolement, le manque d’enthousiasme, d’entrain et le manque de plaisir dans la vie. Cela s’installe sournoisement, je ne voyais rien, c’est plutôt les autres autour de moi qui commençaient à se rendre compte que quelques choses n’allaient pas bien. Ce n’est pas la première fois que cet événement arrive, mais à chaque fois je ne le vois pas arriver et bien que j’en connaisse le dénouement, j’ai autant peur de mourir qu’à la première crise.
Pourquoi mon corps a choisi cette journée pour exploser, c’est parque je n’étais pas seule et surtout que j’étais accompagné des personnes qui m’aiment le plus au monde : mes deux précieuses filles. Joanie, cette grande âme de cœur était présente avec moi. Nous venions de faire une belle randonnée. Une petite neige tombait pour rendre le paysage encore plus beau. Nous venions d’aller faire les achats pour se cuisiner un bon repas et se détendre et tout et tout… tout était parfait et pourtant en moi tout s’est déréglé. Joanie m’a tenu la main pendant des heures, me parlant doucement, me disant les mots qu’il fallait à cette drôle de maman que je suis, qu’elle aime tant malgré tout. Elle était constamment en contact par texto avec sa sœur (ce qu’elles m’ont dit par la suite), car Joelle connait et sait ce qu’il faut faire quand une crise arrive.
J’ai bien tenté d’être cette mère « parfaite » comme bien des femmes de ma génération, en occupant un emploi à temps plein, en ayant une maison bien rangée, des enfants bien vêtus tout en cuisinant de bon repas nutritif et tout cela comme dans les magazines! Je rigole un peu, mais n’empêche que je me suis mis la barre plus haute que le client en demande autant dans ma vie personnelle qu’au travail. Je n’y suis pas arrivé facilement, il y a des choses qui auront été mises de côté comme ma santé mentale. Mes relations en ont souffert aussi beaucoup. Comment en aurait-il pu être autrement. N’étant pas moi-même en mesure de me comprendre, comment les conjoints auraient-il pu, malgré tout je suis une personne aimable et pleine de qualité, avec mon « monde émotionnel » en prime.
Cela c’est moi! Vous vous reconnaissez? En partie peut-être? Arrive un moment ou la tête veut, mais le corps n’est plus capable de supporter toute cette pression. Il sort le drapeau blanc et demande grâce et repos. À chaque étape de ma vie où le stress a pris le dessus, mon corps a réagi et en a subi les contre-coups. Quand je ne l’ai pas écouté, la crise est arrivée, toujours accompagné d’un dérèglement du système digestif. Elle se produit pour ramener l’équilibre dans le corps, tant que le corps ne sera revenu au calme. Oui, je dois vous dire que j’ai l’aide de la médication pour permettre à mon corps de retrouvé son équilibre. Cela a toujours été difficile à accepter la médication pour moi, c’est pourquoi je joue avec lui depuis plus de vingt ans. La première crise s’est produite à 34 ans. Je ne vous raconte pas le détail de toutes les recherches que j’ai pu faire à ce moment-là, et il n’y avait pas grand-chose, de l’aide diverse que j’ai été cherché, jusqu’à en croire que j’avais un défaut de fabrication. Je voulais guérir comme si j’avais pu! J’ai tant essayé, de trouver la formule miracle pour corriger ce défaut en moi, tant essayé que j’ai joué au yoyo émotionnel avec mon corps jusqu’à en arriver à ne plus digérer rien et pas juste les aliments!
Quand quelqu’un nous parle de maladie tel que le cancer, la compassion est facile. Quand on parle de maladie psychique, le jugement est encore facile dans notre société. Je me suis fait dire plusieurs fois, par des gens bien intentionnés, qu’avec tout ce que je faisais côté « énergétique » je n’en aurais plus besoin de médicament, ou bien que ce n’était qu’une question de contrôle de soi et que je pourrais bien arriver à retrouver l’harmonie avec de la « bonne volonté » et du courage. Du courage, je n’en manque pas pourtant!
Toute ma vie j’ai cherché l’équilibre, l’harmonie autour de moi. Avoir un beau décor, une maison bien rangée, etc. Dans ma quête de cette harmonie, j’ai rencontré cette belle personne que je suis. J’ai pris du temps avec elle pour mieux la connaître, pour l’apprivoiser et surtout de la laisser vivre. Toute en retenue, j’apprends à m’ouvrir, à faire confiance. Les relations, c’est exigeant. Ça implique la vulnérabilité, ça épuise souvent quand on est une hypersensible, mais c’est possible d’être bien vécu en faisant le choix de me faire confiance : voilà ma plus grande force.
A travers ce parcours, j’ai introduit la méditation quotidienne, les respirations selon la méthode « cohérence cardiaque », la danse qui contribue à garder mes vibrations vivantes. Mon prochain défi est de me remettre à chanter avec ma guitare. Des choses que j’aime et qui me font du bien, tellement que j’en ai créé le besoin. L’important est de trouver ce qui nous fait vibrer soi pour amener la JOIE dans sa vie. Il y a encore des journées ou les nuages sont denses, mais le soleil revient plus vite. J’ai tant et tant essayé d’aller bien, par différentes méthodes, pratiques ou approches, mais je suis fatiguée d’essayer! Guérir n’est plus important et pour l’instant c’est comme ça. J’ai remplacé ce désir par celui de vivre ma vie à 100%!
En choisissant d’écrire, c’est une autre preuve de confiance et surtout de reconnaissance que je me fais. J’ai cherché toute ma vie la reconnaissance, elle ne peut venir que de moi d’abord. Le chemin n’a pas été facile, mais il est le mien et j’en suis très fière. Il est celui que j’ai tracé et il n’est pas fini !
Jacinthe
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